Écriture : mon petit carnet et mes romans

Voici un premier article un peu plus personnel. J’ai envie de partager avec vous mon quotidien, ce qui m’anime, ce qui m’agace, et comment j’organise ma petite vie. Aujourd’hui, je vais vous parler d’écriture… et de mon petit carnet brun en cuir.

Il est là, toujours à portée de main. Mon carnet brun. Ce n’est ni un bullet journal parfait, ni un objet sacré. C’est un carnet en cuir souple, brun foncé, dont les coins sont un peu usés, les pages légèrement gondolées à force de les tourner. Mais il est mon fil. Mon ami d’écriture, de rêverie, de projets, et même de doutes. Il est, sans exagérer, le prolongement silencieux de ma pensée créative. Je lui ajoute des feuilles, j’en retire… Bref, il est mon compagnon d’écriture idéal, bien plus que l’ordinateur.

Je ne l’utilise pas tous les jours, ni à heures fixes. Il m’attend, simplement. Parfois longtemps. Mais il n’est jamais loin. Quand je l’ouvre, ce n’est jamais pour une grande œuvre : c’est pour revenir à moi. En tant qu’écrivaine, illustratrice, et parfois peintre.

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Mais revenons à mon carnet. Écrire sur ses pages, c’est une façon de de me poser et de prendre du temps pour moi. Et bien souvent, ce sont ces quelques mots jetés dans l’instant qui deviendront plus tard les fondations d’un chapitre, d’un dialogue… ou même d’un personnage entier.

Une écriture ancrée dans le quotidien

On me demande souvent : « Où trouves-tu l’inspiration pour écrire tes romans ? » Je pourrais répondre : dans les livres, dans les gens, dans les paysages… Ce serait vrai. Mais, plus profondément, mon écriture vient de ces moments suspendus où je me reconnecte à ce qui m’anime. Et bien souvent, c’est dans ce carnet que tout commence.

J’y note des fragments. Des idées de scènes. Des bribes de dialogues. Des phrases que j’ai entendues dans un café, des images qui m’ont traversée, des instants de frustration, de colère ou de bien-être. Des choses banales. Des émotions tenaces. Et parfois, des souvenirs. Ce carnet est une terre fertile. Même quand je n’écris pas de manière « productive », je nourris ce sol-là. C’est ma façon d’entretenir mon feu intérieur, mon écriture.

Aliosha, le tout premier

Mon premier roman, Le Voyage d’Aliosha, est né de cette pulsion-là. Une intuition. Une voix intérieure. Quelque chose que j’ai senti plus que pensé. J’ai noirci des pages dans le carnet brun avant d’oser ouvrir un document Word. L’histoire s’est écrite doucement, en fragments. Puis elle a pris corps. Et aujourd’hui, ce roman vit sa vie. Il a été édité. Il est dans les mains des lecteurs. Je le regarde comme on regarde un premier enfant qui a quitté la maison. J’en suis fière, même si j’y vois tous mes débuts. Il a été écrit avec sincérité. Et c’est peut-être cela, la vraie réussite en écriture.

Niels, la transmission d’une mémoire

Mon deuxième roman, Le voyage de Niels, est différent. Plus complexe, plus ancré dans l’Histoire. Il est né d’un autre besoin : celui de transmettre, peut-être parce que je me rapproche d’un âge sénior ? De dire ce qui ne se dit pas assez. Le poids des silences, la force des mémoires, les liens invisibles entre les générations. Ce roman-là m’a demandé de la patience, de la rigueur, des recherches, des nuits à douter. Mais il m’a aussi profondément transformée.

Il est aujourd’hui en phase de relecture et de finalisation. Je prépare le dossier d’envoi aux éditeurs, avec cette excitation mêlée d’inquiétude que connaissent tous les auteurs. Vais-je trouver la bonne maison ? Sera-t-il compris ? Est-ce le bon moment ? Là encore, mon carnet brun a été un refuge. Un endroit pour noter mes hésitations, mes élans, mes intentions. Une trace du chemin intérieur parcouru, page après page, dans l’écriture.

Sixtine, celle qui me ressemble

Et puis, il y a Le voyage de Sixtine. Le roman en cours. Celui que j’écris presque au présent. Celui qui me ressemble peut-être le plus. Sixtine, c’est une femme de quarante ans passés (bon je me suis rajeunie quelque peu !), qui décide de tout quitter pour ouvrir une librairie-café sur un îlot méditerranéen. C’est une histoire de reconversion, de lenteur retrouvée, de liens humains, de beauté simple. Une histoire douce, mais pas naïve. Une histoire à hauteur de vie.

Dans mon carnet, j’ai noté les premières phrases de Sixtine bien avant d’avoir un plan. Un matin d’automne, en buvant un thé. Et depuis, ce carnet me suit dans toutes les étapes : réflexions sur l’ambiance, extraits de dialogues, idées de structure, souvenirs personnels qui nourrissent le personnage. Ce n’est pas un carnet de notes au sens académique, c’est un carnet de souffle. Il donne à mon écriture sa densité humaine.

Écrire, c’est habiter sa vie autrement

Ce que je comprends aujourd’hui, c’est que l’acte d’écrire ne se limite pas à un projet de roman ou à une deadline. C’est une manière d’habiter le monde. De le regarder plus lentement. Plus attentivement. C’est une façon de tisser du sens à partir du chaos. Et dans mon cas, tout cela passe par ce carnet. Il n’est ni joli, ni bien rangé. Mais il est vivant. Et il m’accompagne. Il soutient une écriture connectée à mon quotidien, à mes émotions, à mon rythme intérieur.

J’écris des romans, oui. Mais surtout, j’écris pour ne pas me perdre. Pour me retrouver. Et si cela touche quelqu’un, quelque part, alors c’est une belle victoire silencieuse.

Le temps long de l’écriture

Avec les années, j’ai compris que l’écriture ne se commande pas. Elle se cultive. Il y a des périodes d’élan et d’autres de creux. Des jours pleins d’idées et d’autres où le silence semble peser plus fort. J’ai longtemps culpabilisé de ne pas écrire tous les jours. Mais aujourd’hui, j’accepte que mon écriture suive mon rythme intérieur, mes saisons personnelles. C’est un compagnonnage exigeant mais profondément vivant.

Certains romans mûrissent lentement, comme un vin qu’on laisse vieillir. Ils ont besoin de temps, de relectures, de respirations. Et parfois, tout se débloque en une nuit, comme si tout ce que j’avais noté depuis des mois trouvait enfin sa forme. Ce mystère-là me touche. Il me rappelle que l’écriture, c’est aussi faire confiance. À soi. Aux mots. À ce qui viendra.

Et vous ?

Peut-être que toi aussi, tu as un carnet ? Ou juste l’envie d’en commencer un ? N’attends pas de « savoir écrire ».

Ouvre une page, note une pensée, une sensation, une idée, ton écriture viendra naturellement.

Et même si ce ne sera pas parfait. Ce sera mieux : ce sera vivant. C’est souvent de là que naît l’écriture. Pas des grands élans, mais des petits gestes sincères. Ceux qui, un jour, changent tout.

FAQ – Écriture

Comment trouver l’inspiration pour écrire un roman ?

L’inspiration naît souvent de l’observation du quotidien, des émotions, des lectures ou des souvenirs. Tenir un carnet peut aider à capter ces fragments d’idées pour ensuite les structurer dans un récit plus long.

Est-il utile de tenir un carnet quand on écrit ?

Oui, un carnet permet de conserver les idées, de noter des phrases spontanées, des sensations, des scènes ou des personnages. C’est un excellent outil pour nourrir sa créativité, libérer ses pensées et ne pas laisser filer les intuitions.

Faut-il écrire tous les jours pour progresser ?

Écrire régulièrement aide à créer une routine, mais il n’est pas obligatoire d’écrire tous les jours. Chaque auteur a son propre rythme. Ce qui compte, c’est la constance sur le long terme et la sincérité du geste d’écriture.

Comment passer d’un carnet à un vrai manuscrit ?

Il suffit de relire ses notes, repérer les fils conducteurs, puis de transposer les idées dans un document structuré. Le carnet est un tremplin : il permet d’amorcer l’élan, le manuscrit vient ensuite formaliser la vision.

Pourquoi l’écriture est-elle un processus personnel et intime ?

Parce qu’elle engage l’auteur dans son histoire, ses émotions et sa manière de percevoir le monde. Écrire, c’est souvent se révéler à soi-même, et parfois aux autres. C’est un espace de liberté unique et profond.

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